L’avortement : un droit en matière de santé de reproduction
Depuis 1998, l’avortement ne fait l’objet d’aucune restriction d’ordre criminel aux termes du droit canadien. Toutefois, seulement 15 % des hôpitaux canadiens offrent des services d’avortement et il est impossible de se faire avorter à l’Île-du-Prince-Édouard. Au Nouveau-Brunswick, le gouvernement provincial refuse de financer les avortements effectués dans des cliniques privées. La situation au Canada constitue une violation flagrante des engagements internationaux. Elle contrevient aussi à la Loi canadienne sur la santé, qui stipule que les services de santé doivent être financés sans aucun obstacle d’ordre financier ou autre. Malgré l’engagement du Canada à assurer l’accès à de tels services partout dans le monde, 0 % de l’aide publique au développement est allouée expressément à des services de santé sexuelle et de reproduction.
Ne vous méprenez-pas : nous faisons face à l’érosion des droits des femmes en matière de reproduction
Au cours de la dernière session parlementaire, une série de projets de loi
|
d’initiative parlementaire qui pourraient entraîner des reculs quant au droit à l’avortement ont été déposés à la Chambre des communes. Présentés comme des protections contre la violence à l’égard des femmes enceintes, ces projets de loi ne font rien pour prévenir la violence, mais ils ouvrent la porte à la reconnaissance du fœtus comme entité juridique distincte – un terrain dangereusement glissant pour les droits des femmes.
Les femmes doivent avoir accès à de l’information exacte en matière de santé
Par accessibilité, on entend beaucoup plus que le simple accès à des services. Il est aussi question de l’accès à l’information. En 2007, le gouvernement a mis fin au Réseau canadien de la santé, un portail Web qui offrait à la population canadienne des sources d’information fiables et confidentielles. L’absence de cette excellente ressource en matière de santé sexuelle et de reproduction laisse un trou béant dans le paysage canadien.
* Cette analyse repose sur des données publiques disponibles au 10 septembre 2008. |